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L’Orchestre de chambre de Paris a lancé la première académie internationale du « joué-dirigé » pour accompagner de jeunes artistes dans cette vision « chambriste » des concertos. En compagnie de François Leleux et Deborah Nemtanu, le concert du 21 mai au théâtre des Champs Elysées illustre la complicité de l’orchestre de chambre.
Le 21 mai Paris a des allures de mois de novembre, la pluie, le froid, l’envie de printemps rendent les parisiens livides. L’Ochestre de chambre de Paris, avait donné rendez-vous à François Leleux, Déborah Nemtanu et leurs spectateurs au théâtre des Champs Elysées pour Maderna, Mozart, Hummel et Scubert. La salle quasi pleine observe avec attention l’entrée des musiciens et sait qu’elle aura la chance d’entendre l'hautboïste le plus reconnu de sa génération et l’émouvante violoniste.
Joué dirigé, c’est jouer sans chef, les solistes dirigent avec le mouvement de leur corps en jeu ou rapidement d’un coup d’oeil ou de main pour donner les mouvements. Difficile d’y trouver un réel intérêt, la vision, la présence d’un chef sont très importantes, elles modèlent la matière sonore proposée par les musiciens, réajuste à la seconde et métamorphose d’infimes variations pour donner à entendre une troisième vision, un plus un égale trois !
Déborah Nemtanu et François Leleux rendent l’exercice ludique et sympathique, ils y mettent toute leur énergie et leur passion, le son du hautbois et du violon résonnent, l’orchestre est beau, ils seraient surement plus agréables de les avoir toujours de face, en jeu avec l’orchestre accroché à la partition.
Outre ce choix du joué dirigé, dès les premières notes de Maderna, les spectateurs se sentent proches de la musique, pleine d’humour, de fantaisies et de couleurs joyeuses. La rencontre avec le violon et le hautbois fait virevolter les notes.
Déborah Nemtanu se retrouve ensuite seule devant l’orchestre pour le concerto pour violon n°5 en la majeur. La sonorité du violon porte tout l’orchestre, les dialogues sont très beaux, ciselés, émouvant sans fausses emphases. La tonalité Mozartzienne est respectée, douceur, profondeur, sérénité, vivacité, humour, les pupitres graves de l’orchestre frappent leurs cordes du dos de l’archet. La musique et les danses tziganes ne sont pas bien loin, les spectateurs dansent de la tête et les applaudissements sont généreux au point de faire revenir de nombreuses fois Déborah Nemtanu pour saluer jusqu’à l’entracte.
Après entracte L’orchestre de chambre de Paris et François Leleux jouaient J.N Hummel, rarement interprété sur les scènes, il offre avec cet adagio et variation un tapis rouge au hautbois lumineux de François Leleux.
Il en fait beaucoup, vit la musique de tout son corps contorsionné parfois presque jusqu’au sol, mais chaque note, chaque mouvement est habité et les prouesses techniques de son hautbois sont exceptionnelles. Toutes les notes sonnent, prennent l’espace, la musique ample est toujours en mouvement, ses doigts dansent sur le bois laqué noir et les touches d’argent ondulent au rythme de la musique. Les spectateurs sont sous le charme comme face à un serpent à sonnette et laisse venir l’orchestre toujours aussi engagé dans un dialogue unique avec le hautbois de François Leleux. Rire, pleurer, danser, tous serait possible si les spectateurs n’étaient pas dans une salle dites classiques. Le hautbois est peu souvent à l’honneur et ses solistes sont rares, les spectateurs applaudissent à tout rompre François Leleux, son jeu humble, ses performances et sa fantaisie.
A peine le hautbois rangé, François Leleux revient avec la baguette pour diriger la Symphonie N°4 en Ut mineur de Schubert.
Sa direction est très engagée, sans partition il anime les notes et délivre toute la puissance tragique de l’oeuvre de Schubert. L’orchestre avec ses quatre cors donne à entendre tout son talent, la densité expressive et la rythmique riches de tensions et de staccato. Douleur, solitude, la musique voyage, danse, se colore et chaque instrument prend toute sa place dans une puissance collégiale, jusqu’au dernier mouvement victorieux.
Une jolie soirée, un son de haut niveau, des musiciens heureux de partager et de s’amuser, que demander de plus ? Les spectateurs ne ménagèrent pas leurs voix pour les bravos et repartirent affronter le froid du printemps, légers et portés par la musique.
It's taken over two years for James MacMillan's Oboe Concerto to make it to Scotland. Premiered in Birmingham in 2010 by the Britten Sinfonia, with the work's dedicatee Nicholas Daniel as soloist, questions were asked then whether any other oboist could ever equally be up to the task, given the astonishing virtuosity of the solo writing and Daniel's own precocious dexterity.
Step up French oboist François Leleux, who proved last night with conductor Thierry Fischer and the Scottish Chamber Orchestra in the concerto's Scottish premiere, that he was not only able to stamp his own distinctive character on it, but that the work itself is one of dazzling quality and originality.
Over an opening seedbed of layered ostinati, the oboe straightaway assumes the initiative in an outburst of liquid virtuosity that is dance-like, ever sidestepping attempts by the orchestra to rock the boat.
That interplay creates a dynamic sense of theatre - on the one hand, bullish comments from the brass and wind, invasive and petulant, laced with the belligerent MacMillan fingerprint; on the other, eerily clustered violin harmonics, enticing the oboe from its lyricially grounded presence, but never genuinely succeeding.
Leleux's performance was mesmerising, colouring the slow movement with a cool hint of reflective introspection, only to be thrown instantly aside by the clownish thrills and spills of the finale.
His exquisite Gluck encore sealed the deal.
There's an increasingly clear line between James MacMillan's heavy-cast religious music and his more delicately crafted instrumental works. Take his Oboe Concerto, premiered in Birmingham in 2010 and given its first Scottish outing last week by oboist François Leleux and the Scottish Chamber Orchestra under Thierry Fischer. The concerto shows MacMillan at his very best, shifting fluently between evocative soundscapes and shot through with moments of haunting beauty.
The first movement opens with spry interlocking rhythms and soaring oboe lines; the second is a heart-on-sleeve elegy, expansive and generously expressive; the third is a rugged dance of the furies thronging with timpani, crazed strings and the most robust oboe writing I've heard. It's a shame, then, that MacMillan occasionally interrupts the flow with aggressive non sequiturs and inflated brass fanfares; there's a dogged black-and-whiteness that creeps into his message. The playing was superb, though. Leleux's sound is simply gorgeous, his high register breathtaking, and he reeled off MacMillan's torrents of notes in vivid shapes.
L'interprétation du Concerto pour Hautbois de Strauss, par François Leleux, a charmé l'auditoire de l'Auditorium Rainier III de Monaco. Des applaudissements chaleureux du public et de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, ont couronné le concert du virtuose. A souligner pour les amateurs, la récente sortie du nouveau disque de François Leleux « Les Charmes du Hautbois ».
Il n’y a pas à dire, François Leleux est l’un de nos meilleurs hautboïstes français. Il était hier le soliste du concert du Philharmonique de Monte-Carlo. Il a inventé le hautbois à grand spectacle. Il faut le voir arriver en scène. Il a l’assurance d’un grand orateur, d’un ténor du barreau ou de l’opéra. Il ne s’installe pas derrière un pupitre, mais joue par cœur, sur le devant de la scène, en prise directe avec la salle.
Son public, il le harangue à l’aide de son hautbois comme d’autres le font avec un chant ou avec des mots.
Une vraie chorégraphie !
Il accompagne son jeu d’une chorégraphie bien à lui : il fléchit les genoux, se hisse sur la pointe des pieds, tourne le buste à droite ou à gauche, se déplace de côté, renverse la tête pour projeter vers le ciel le son de son hautbois.
Cela ne dit pas comment il joue. C’est simple : admirablement ! Le concerto de Richard Strauss que nous avons entendu hier était exemplaire de maîtrise, de musicalité, de beauté sonore. Il dédia en bis un extrait de l’Orphée de Glück à la mémoire de la Princesse Grace. Auparavant, il avait donné toute la semaine, des master-classes (des « classes de maître », en français) à l’Académie de musique Prince Rainier III que dirige Christian Tourniaire*.
Quatre étudiants de niveau supérieur, une Monégasque, deux Français et un Suisse, ont profité de ses conseils et travaillé avec l’orchestre. Le concert d’hier était dirigé par le chef Jun Märkl. On entendit en particulier les Images de Debussy. Oui, ici, les Images» étaient à entendre ! Jun Märkl imprima sur l’orchestre une direction précise, énergique, claquante, faisant preuve d’une incontestable autorité mais manquant de fluidité pour Debussy. Debussy est, pour toujours, l’homme de la Mer. Sa musique, hier, semblait peu ondoyante. Le concert, il est vrai, fut dominé par la performance de François Leleux. Sans lui, nous n’irons plus hautbois !
*Classes organisées avec le soutien de la BSI Monaco SAM.
« Le charme du hautbois, invoqué en exergue de ce récital, François Leleux paraît l’un des mieux placés pour en décliner les sortilèges.
Le XVIIIème siècle est à la fête et nourrit sans surprise l’essentiel du programme :
Cimarosa d’abord et son Concerto en Ut, arrangé en 1942 par Arthur Benjamin à partir d’un entrelacs de quatre sonates pour clavecin. Vibrato expressif et staccato millimétré.
Bellini, en entremets romantique, avec polonaise obligée…et craquante.
Allessandro Marcello et cette œuvre concertante en ré mineur longtemps attribuée à son frère Benedetto ou même à Vivaldi, y compris par Bach qui en donna une transcription.
Vivaldi soi-même, avec ce RV447 dont les gammes descendantes initiales préludent à une débauche de virtuosité technique.
Gluck, et son ballet élyséen venu d ‘Orphée et acclimaté de la flûte au registre le plus aigu et incorporel du hautbois.
….Avec un hommage au Sicilien Antonio Pasculli (1842-1924), qui s’adonnait, comme tant d’autres, aux joies de la paraphrase d’opéra et dont Leleux fait resplendir le concerto sur des airs de La Favorite donizettienne. L’orchestration du confrère Gilles Silvestrini, un rien appuyée, concourt à faire de ces pages chargées d’extrapolations fleuries, un prétexte à démonstrations pyrotechniques.
Le soliste et chef du très sage Orchestre de chambre de Munich évite toute faute de goût, ici comme ailleurs, parfait en diva bel cantiste autant qu’en poète baroquisant dans la meilleure veine vénitienne. Les gravures de Lajos Lencses étant déjà anciennes, Leleux s’impose comme premier de la classe. »
When the Chamber Orchestra of Europe took its first steps into the spotlight, it left a mixed impression. This was an ensemble of young musicians, mostly alumni of the European Union Youth Orchestra, who wanted to continue working together as a professional group, and you wanted to root for them. They gave you plenty to work with: on their early recordings and tours the playing was energetic and trim, but it could also be cautious and prim, as if only the most finely polished performances were acceptable.
Now, with more than three decades behind it, the orchestra plays with all the power, punch and sheer personality that was lacking in the early years. Its new approach was evident in its two Mostly Mozart Festival concerts at Alice Tully Hall: a Beethoven program on Thursday evening, already reviewed, and works by Mozart, Bach and Mendelssohn on Sunday afternoon.
Both were led by Yannick Nézet-Séguin, an inspiring, kinetic conductor on the eve of his first season as music director of the Philadelphia Orchestra, and no doubt some of the performance’s animating vigor could be attributed to him.
He came to the task with compelling ideas. In Mozart’s “Don Giovanni” Overture, for example, it is natural to emphasize the dissonances that foreshadow both the don’s darker appetites and his eventual comeuppance, but few conductors lean on them more heavily — or more consistently, as they reappear through the piece — than Mr. Nézet-Séguin.
That decision to pound home the work’s portentousness, exciting as it was, exacted a cost in subtler passages, like the rising and falling chromatic figures that follow soon after the introduction. Those should have sounded unsettling but were lost in the shock of what preceded them. And balances went awry in the fast section, though there, too, Mr. Nézet-Séguin’s focus on fleeting dissonances kept the attention mostly on the score’s narrative qualities rather than on the niceties of its execution.
Mr. Nézet-Séguin took a similarly hard-driven, high-contrast approach to Mendelssohn’s Symphony No. 3 (“Scottish”). The most immediately striking quality of his reading was its dynamic play, which occasionally bordered on fussy manipulation but more typically pointed up the exquisite shape and emotional heft of Mendelssohn’s tuneful score. And he drew a delightfully meaty sound from the orchestra in the woodwind- and brass-heavy passages that give this piece so much of its character.
Between the Mozart and the Mendelssohn, the violinist Lisa Batiashvili and the oboist François Leleux gave a zesty, stylishly ornamented account of Bach’s Concerto in C minor (BWV 1060), reconstructed from the surviving two-harpsichord version. As an encore they played a sizzling duet version of “Der Hölle Rache,” the Queen of the Night’s flighty aria from “The Magic Flute.”
By ALLAN KOZINN
„Leleux´ großer Atem und seine makellose Technik lassen die hauptsächlich italienischen Werke aus drei Jahrhunderten mit leuchtendem Ton in größter Selbstverständlichkeit erstrahlen.“
5 von 5 Sternen
(Stern, 06.06.2012)
„Musik für dieses Instrument von Star-Komponisten aus der Barock- und Klassikepoche ist darauf versammelt, die der französische Oboist François Leleux mit seinem quicklebendigen und zugleich anmutig-schwebenden Ton, farbenreich grundiert vom Münchner Kammerorchester, zu veredeln weiß.“
CD der Woche
(Deutschlandradio Kultur, 21.05.2012)
„Dass sich Leleuxs Oboe unmittelbar ins Herz der Hörer singt, liegt an seinem wunderschön schwebenden Ton. Da ist kein Druck, alles ist luftig und fließt leicht.“
CD der Woche
(RBB Kulturradio, 21.05.2012)
„François Leleux gibt dem Stück, was es braucht: tänzerischen Swing, lyrische Innenschau, ein Feeling für romantische Melancholie, einen Ton, der die Seele berührt. Leleux ist einfach ein toller Musiker, dem es gelingt, auch schlichte Unterhaltungsmusik wie ein großartiges Werk darzubieten.“
CD der Woche
(NDR Kultur, 21.05.2012)


